La latence est un facteur central de la performance et de la cohérence des systèmes distribués modernes. Cette thèse l’étudie comme une contrainte technique mais aussi comme un vecteur d’attaque exploitable par des adversaires byzantins dans des réseaux partiellement connectés. Elle montre que la manipulation des délais peut altérer la connectivité perçue au niveau réseau, biaiser la mesure des latences au niveau protocolaire et dégrader le comportement de systèmes applicatifs sensibles au temps, notamment les jeux en ligne. Pour répondre à ces enjeux, elle propose des modèles formels et des mécanismes de défense à trois niveaux : NECTAR pour la détection de partitions byzantines, POLLEN pour la mesure fiable des latences en environnement adversarial, et PROPOLIS pour la détection d’attaques basées sur la latence dans les jeux vidéo. Ce travail met ainsi en évidence la latence comme une dimension stratégique de l’adversarialité et fournit des outils pour en limiter l’impact sur la fiabilité, l’équité et l’expérience utilisateur.
- Francoise SAILHAN IMT Atlantique Professeure des Universités
- Sébastien Tixeuil (Rapporteur) CNRS, Sorbonne Université Professeur des Universités
- Sara Tucci-Piergiovanni (Examinatrice) CEA List, Université Paris-Saclay Directrice de Recherche
- François Taïani (Dir. de Thèse) IRISA, Université de Rennes Professeur des Universités
- David Bromberg (Co-Dir de Thèse) IRISA, Université de Rennes Professeur des Universités
- Jérémie Decouchant (membre invité) TU Delft Chercheur