L'ADN synthétique comme futur de l'archivage de données" par Marc ANTONINI - médaille de l'Innovation CNRS 2023

Séminaire
Date de début
Date de fin
Lieu
IRISA Rennes
Salle
Amphitéâtre
Orateur
Marc ANTONINI (CNRS)
Départements supplémentaires

Lauréat de la médaille de l'Innovation CNRS 2023, Marc Antonini  (CNRS) sera présent le mercredi 13 décembre  pour un séminaire intitulé : "L’ADN synthétique comme futur de l’archivage des données : avancées et défis technologiques".  Rendez-vous à 10h00 dans l'amphithéâtre.

ATTENTION dans le cadre du plan VIGIPIRATE la règle suivante s'applique pour cet évènement :

L’accès du public à cette soutenance est contraint à une inscription préalable obligatoire via ce formulaire : https://docs.google.com/document/d/1qv_QAElgzPVqEEpS8E9_7oB4a1MFxYCucoqCo2qm5xQ/edit?usp=sharing – L’accès ne sera pas autorisé sans inscription préalable. Par ailleurs, les visiteurs ne porteront ni bagage ni sac.

  • Résumé : La quantité de données numériques créées sur la planète est en constante augmentation : 90 % d’entre elles ont été générées au cours des deux dernières années, entraînant une consommation exponentielle de ressources rares et de l'énergie, sans garantie absolue quant à l'intégrité et à la durabilité de son stockage. Il convient de noter que 70 % des données sont « froides », c'est-à-dire qu'il n'est quasiment pas nécessaire de les utiliser sur une période relativement longue (10 ans ou plus). Le stockage des données numériques devient donc un défi pour l’humanité. Des études récentes suggèrent l’utilisation de la molécule d’ADN comme nouveau candidat prometteur, qui pourrait théoriquement contenir 215 pétaoctets dans un seul gramme. Toute information numérique peut être synthétisée en ADN in vitro et stockée dans de minuscules capsules spéciales offrant une fiabilité de stockage de plusieurs centaines d'années. La séquence d'ADN stockée peut être récupérée à tout moment à l'aide de machines spéciales appelées « séquenceurs ». Dans cette présentation, nous discuterons de l'état de l'art en matière de stockage de données ADN pour le codage efficace de données numériques dans un code quaternaire constitué des 4 bases d'ADN A (Adénine), T (Thymine), C (Cytosine) et G ( Guanine). Nous présenterons également une nouvelle solution prometteuse d’encodage d’images numériques en ADN synthétique que nous avons développée au laboratoire I3S, et qui prend en compte les contraintes liées au stockage des données sur l’ADN tout en optimisant le compromis entre qualité de compression et coût de synthèse.
  • Bio : Marc Antonini est directeur de recherche au CNRS et dirige l'équipe de recherche MediaCoding au laboratoire I3S à Sophia Antipolis (France). Il a occupé de nombreux postes de direction dans la communauté de la théorie du signal. Il est l'un des moteurs du projet européen « OligoArchive » sur la question du stockage de l'information sur l'ADN. Depuis octobre 2021, il est directeur du programme PEPR Exploratoire « MoleculArXiv » sur le stockage massif de données sur l'ADN et les polymères artificiels, financé par France 2030. Marc Antonini est depuis 2020 président du groupe de travail international JPEG DNA pour la définition d'un norme de codage d’images spécifique au stockage sur ADN synthétique. Il est l'auteur de plus de 300 articles, 7 chapitres de livres et 13 brevets. Ses activités de recherche couvrent notamment le codage d'images et de vidéos ainsi que le traitement géométrique et la compression de maillages surfaciques et de nuages ​​de points. Il s'intéresse également à l'analyse de l'information contenue par le code neuronal dans le système visuel, avec des applications bio-inspirées en compression d'images et de vidéos. Depuis plusieurs années il a démarré une activité sur le stockage de données numériques dans l'ADN synthétique.

    Ses travaux sur la transformation en ondelettes ont été inclus dans la norme de codage d'image JPEG2000. De 1995 à 2001, il participe au CNES Toulouse au programme d'observation de la Terre « Pléiades » pour la définition du codeur d'images embarqué. La solution d'analyse d'images qu'il a développée avec son groupe de recherche a été mise en œuvre à l'intérieur du capteur d'images embarqué sur le satellite (premier lancement en 2011).

    Il est co-fondateur et conseiller scientifique de Cintoo, société qu'il a créée en juillet 2013, spin-off de l'Université Côte d'Azur et du CNRS. Cintoo développe des technologies et des solutions pour gérer et exploiter les données 3D provenant des appareils Reality Capture dans le cloud. L'entreprise en pleine croissance, a réalisé 3 levées de fonds et compte aujourd'hui 40 salariés et une agence aux Etats-Unis.

    Il est co-fondateur et directeur scientifique de PearCode, société qu'il a créée en octobre 2022, spin-off de l'Université Côte d'Azur et du CNRS. PearCode s'adresse aux organisations privées et publiques désireuses d'archiver des données numériques en proposant une solution de stockage moléculaire à faible émission de carbone utilisant de l'ADN synthétique qui garantit la durabilité du stockage, l'intégrité des données et la sécurité.

    Il est rédacteur associé de l'IEEE Transactions on Image Processing (TIP) depuis 2021 et a été rédacteur associé de l'Eurasip Journal on Image and Video Processing (JIVP) de 2012 à 2021. Il a reçu la médaille de l'Université Côte d'Azur respectivement en 2013 et 2021. Il est membre de l'IEEE. ainsi que de l'AFNOR.