Diwall sur les rails
Diwall signifie attention ou sécurité en breton. C'est aussi le nom du nouveau Groupement d'intérêt scientifique (GIS) créé, à Rennes, en avril 2006. "Diwall? Cela sonne avec firewall, plaisante Ciarán Bryce, de l'Irisa, et membre du comité d'organisatint du GIS (1). Nous voulions éviter un Nième acronyme. Fondamentalement, cela reste un accord assez souple pour travailler ensemble. Je ne connais pas d'équivalent au GIS dans d'autres pays." Ce type de structure ne peut pas poser une candidature pour un projet européen et le financement qui l'accompagne. Diwall n’a pas d’entité légale pour cela. Cette spécificité explique qu'il n'y ait pas de recrutement d'ingénieurs prévu à court terme.
“Pour l'instant, on en est au stade ou chaque partenaire explique, dans le détail, aux autres ce qu’il fait en matière de sécurité." Concrètement, les équipes de recherche de Supélec, ENST Bretagne et l'Irisa se rencontrent dans un séminaire mensuel qui permet à chacun de savoir ce que font les autres. Mais ces réunions ne sont pas fermées et réservées uniquement aux trois entités . “En fait, c'est plutôt le contraire. On veut qu'elles soient ouvertes. Durant le premier séminaire, par exemple, sur les quelque 50 participants, il y en avait beaucoup venant du monde des entreprises.” L'accueil des personnes extérieures se fait à travers Images et Réseaux, un des 66 pôles de compétitivité mondiale (2) créés par le gouvernment. Il se trouve que le volet 5 du pôle Images et Réseaux est justement consacré à la sécurité des systèmes d'information.
“Il s'agit d'un champ de recherche assez pluridisciplinaire. Cela touche aussi bien les réseaux, que les images, les OS ou bien encore des aspects légaux et sociaux. A Rennes, il y a beaucoup de monde qui travaille sur le domaine de la sécurité. Comparé au reste de la France, on y trouve une densité élevée d'acteurs évoluant sur ce secteur, y compris des entreprises. Or, justement, ces acteurs, nous voulons mieux les connaîtres et identifier les thèmes sur lesquels nous pourrions travailler ensemble, avec, à la clé, des partenariats."
A la surprise général, la première réunion, fin septembre, a entraîné un rapprochement spectaculaire entre l'équipe de recherche TEXMEX de l'Irisa et l'équipe sécurité du laboratoire de Thomson Corporate Research. Laurent Amsaleg, de l'équipe TEXMEX, présentait des travaux de recherche sur le copyright, quand, dans l'assistance, les gens de Thomson ont écarquillé les yeux en se disant "mais voilà exactement ce que l'on cherche."
Comme l'explique, Patrick Gros, de TEXMEX, “l'Irisa et l'université of Reykjavík partagent une équipe associée." En l'occurrence Eff2 "qui a mis au point une nouvelle méthode pour effectuer des recherches d'images dans de grandes bases de données. Cette technologie donne des résultats de haute qualité, mais, mieux encore, elle est extrêmement rapide." Elle permet donc non seulement l'efficience mais aussi l'efficacité. en situation réelle.
De son côté, “Thomson a développé une technologie de détection automatique des copies illégales de films diffusés illégalement sur les réseaux internet en protocole [d'échange de fichiers] Peer-to-Peer." Le système fonctionne, il est efficient. Mais avec un problème : il n'est pas rapide.
“L'adoption de notre méthode va permettre à leur technologie de travailler à pleine vitesse", analyse Patrick Gros. Après leur prise de contact à Diwall, l'Irisa et Thomson se sont mis immédiatement au travail. Et fin décembre, moins de deux trois après la rencontre, Thomson présentera son prototype à la MPA, l'association des studios de cinémas américains.
Prochain séminaire : 14 décembre 2006, à l'ENST
Bretagne. Au programme :
Fingerprinting - comment tracer la diffusion de documents multimédia, Fabien Galand, IRISA
Filtrages des alertes emises par des sondes, Jouni Vinnikka, Supélec and France Télécom R&D.
Infos : 02 99 12 70 00.
Notes
(2) La France a lancé une politique industrielle visant à mettre en avant des facteurs clefs de compétitivité , en particulier la capacité d’innovation par la R-D. Pour plus de détails : http://www.competitivite.gouv.fr